Transcription
Tu as choisi un abécédaire, tu m'as prévenu des thèmes, et là je ne sais pas exactement les questions, si bien que moi j'ai pu réfléchir un peu aux thèmes. Répondre à une question sans avoir un peu réfléchi, c'est pour moi quelque chose d'inconcevable. Ce qui nous sauve, ce qui me sauve, c'est la clause. La clause, tout ça ne sera utilisé, si c'est utilisable, ne sera utilisé qu'après ma mort. Alors, tu comprends, je me sens déjà réduit à l'état de pur archive de Pierre-André Boutan, de feuille de papier, et ça me remonte beaucoup, ça me console beaucoup, et presque à l'état de pur esprit. Je parle d'après ma mort, et on sait bien qu'un pur esprit, pour savoir qu'un pur esprit, c'est pas quelqu'un qui donne des réponses très profondes ni très intelligentes. C'est un peu sommeil. Donc tout me va là-dedans. On commence A, B, C, D, ce que tu veux.
Claire ParnetBon, alors on commence par A. Alors A, c'est animal. Alors animal, on pourrait reprendre pour ton compte la phrase de W. C. Fields. qui n'aime ni les enfants ni les animaux ne peut pas être tout à fait mauvais. Alors on va laisser côté les enfants pour le moment, mais les animaux familiers, on sait que tu les aimes pas beaucoup. Enfin, on sait pas, mais je sais que tu les aimes pas beaucoup. Et là, tu reprends même pas la distinction de Baudelaire ou de Cocteau, les chats sont pas mieux que les chiens pour toi. En revanche, t'as un bestiaire à travers ton oeuvre qui est plutôt répugnant, c'est-à-dire, outre les fauves, qui sont des animaux nobles, tu parles énormément de la tique du pouls d'un certain nombre de petits animaux comme ça répugnant et ce que je voudrais ajouter c'est que les animaux en plus t'ont beaucoup servi depuis l'anti édipe un concept qui est devenu principal dans ton oeuvre qui est le devenir animal alors je voudrais savoir un peu clairement quel est ton rapport avec les animaux l'animaux Non, c'est pas...
Ce que tu as dit sur mes rapports avec les animaux domestiques, c'est pas un animal domestique, un animal apprivoisé, sauvage, c'est pas ça qui me soucie. C'est les chats, les chiens... Le problème, c'est que ce sont des animaux familiers et familiaux. Et c'est vrai que les animaux familiers ou familiaux, soit apprivoisées, domestiquées, j'aime pas. En revanche, les animaux domestiqués, pas familiers, pas familiaux, j'aime bien, parce que je suis sensible à quelque chose chez eux. Alors ce qui s'est passé pour moi, c'est ce qui se passe dans beaucoup de familles. J'étais sans chat ni chien, et puis voilà qu'un de nos enfants, un Fanny à moi, amène dans ses petites mains un chat qui n'était pas plus grand que la petite main. Il l'avait trouvé en inter-la-campagne, il l'avait trouvé dans un paillet, dans je sais pas quoi. Et à partir de ce moment fatal, j'ai toujours eu un chat à la maison. Alors qu'est-ce qui m'est déplaisant chez ces bêtes ? Enfin, ça n'a pas été un calvaire, je supporte. Qu'est-ce qui m'est déplaisant ? J'aime pas les frotteurs, déjà. Un chat passe 100 ans à se frotter contre vous. J'aime pas ça. Un chien, c'est autre chose. Alors, ce que je reproche fondamentalement aux chiens, c'est d'aboyer. L'aboiement m'apparaît vraiment le cri le plus stupide. Dieu qui a des cris dans la nature, il y a une variété de cris. L'aboiement, c'est vraiment la honte du règne animal. Je supporte en revanche, je supporte mieux, à condition que ce ne soit pas trop longtemps, le cri, je ne sais pas comment on dit, le hurlement à la lune. Un chien qui hurle à la lune, je supporte mieux que...
Claire ParnetLe hurlement à la mort ?
À la mort, je ne sais pas quoi, je supporte mieux que la brouhaha. Et puis, depuis que récemment j'ai appris que les chiens et les chats fraudaient la sécurité sociale, mon antipathie a encore augmenté. Ce que je veux dire, c'est que c'est très... En même temps, ce que je dis, c'est complètement idiot, parce que les gens qui aiment vraiment les chiens et les chats ont évidemment un rapport avec les chiens et les chats qui n'est pas humain. Ils ont avec les chiens et les chats, par exemple les enfants, on voit bien que les enfants ont avec un chat un rapport qui n'est pas un rapport humain avec le chat, qui est une espèce de rapport soit enfantin, soit une espèce... L'important c'est d'avoir un rapport animal avec l'animal. Alors, qu'est-ce que c'est qu'avoir un rapport animal avec l'animal ? Ça ne consiste pas à lui parler. Mais en tout cas, ce que je ne supporte pas, c'est le rapport humain avec l'animal. Je sais ce que je dis parce que j'habite une rue là, qui est une rue un peu déserte, et où les gens promènent leurs chiens. Ce que j'entends m'affaître est proprement effarant. Effarant, la manière dont les gens parlent à leurs bêtes. Alors, même la psychanalyse remarque. La psychanalyse est tellement fixée aux animaux familiers ou familiaux, aux animaux de la famille, que tout animal, dans un rêve par exemple, dans les rêves, est interprété par la psychanalyse comme une image de père, de mère ou d'enfant. C'est-à-dire l'animal comme membre de la famille. ça m'est odieux, je ne supporte pas. Il faut penser à deux chefs-d'oeuvre du douanier Rousseau, le chien dans la carriole, qui est vraiment le grand-père, le grand-père à la tête pure, et puis le cheval de guerre, le cheval de la guerre, qui lui est une véritable bête. La question c'est quel rapport avez-vous avec l'animal ? Si vous avez un rapport humain avec l'animal, c'est... Mais généralement, encore une fois, les gens qui aiment les animaux n'ont pas un rapport humain avec l'animal, ils ont un rapport animal avec l'animal. Et là c'est très beau. Même les chasseurs ont un rapport étonnant avec l'animal. Oui. Alors je crois que tu demandais en plus... Les autres animaux, c'est vrai que je suis fasciné par des maîtres comme les araignées, les tiques, les poux, tout ça. C'est aussi important que les chiens et les chats. Et c'est des rapports avec les animaux aussi. Quelqu'un qui a des tiques, qui a des poux, qu'est-ce que ça veut dire, ça ? C'est-à-dire un animal très actif. Alors, qu'est-ce qui me fascine dans l'animal ? Parce que vraiment, ma haine de certains animaux est nourrie de ma fascination pour beaucoup d'animaux. Et si j'essaie de faire le compte de vaguement, de me dire qu'est-ce qui me frappe chez un animal ? La première chose qui me frappe, je crois, c'est... Le fait que tout animal a un monde. C'est curieux parce qu'il y a des tas d'humains qui n'ont pas de monde. Ils vivent la vie de tout le monde, c'est-à-dire de n'importe qui, n'importe quoi. Les animaux, ils ont des mondes. Un monde animal, c'est quoi ? C'est parfois extraordinairement restreint. Et c'est ça qui m'éveille. Les animaux, ils réagissent à finalement très peu de choses. Il y a toutes sortes de choses. Ça coupe, si tu vois que... Gilles Deleuze, Bobine 2. Une seconde. Quand vous voulez. Oui, alors cette histoire de... Ce premier trait de l'animal, c'est vraiment l'existence de mondes animaux spécifiques, particuliers. Et peut-être que c'est parfois la pauvreté de ces mondes, Le caractère réduit ces mondes qui m'impressionnent beaucoup. Par exemple, on parlait tout à l'heure d'animaux comme la tique. La tique répond ou réagit à trois choses, trois excitants. Un point, c'est tout. Dans une nature qui est une nature immense, trois excitants, un point, c'est tout. C'est-à-dire, elle tend vers l'extrémité d'une branche d'arbre, attirée vers la lumière. Elle peut attendre au bout, en haut de cette branche. Elle peut attendre des années sans manger, sans rien, complètement amorphe. Elle attend qu'un ruminant, un herbivore, une bête, passe sous sa branche. Puis elle se laisse tomber. Donc là, c'est une espèce d'excitant olfactif. Elle sent la tique, sent la bête qui passe sous sa branche. Ça fait deuxième excitant. Lumière et puis odeur. Et puis, quand elle est tombée sur le dos de la peau humaine, elle va chercher la région la moins fournie en poils. Donc là, un excitant tactile. Et elle s'enfonce sous la peau. Le reste, elle s'en... Si l'on peut dire, elle s'en fout complètement. C'est-à-dire, dans une nature fourmillante, elle extrait, elle sélectionne trois choses.
Claire ParnetC'est ça ton rêve de vie ? C'est ça qui t'intéresse dans les animaux ?
C'est ça qui fait un monde. C'est ça qui fait un monde.
Claire ParnetD'où ton rapport animal-écriture ? C'est-à-dire que l'écrivain pour toi c'est aussi quelqu'un qui a un monde ? C'est plus complet que vous, je ne sais pas, parce qu'il y a d'autres aspects. Il ne suffit pas d'avoir un monde pour être un animal. Ce qui me fascine moins complètement, mais c'est les affaires de territoire. Avec Félix, on a fait un concept philosophique avec l'idée de territoire. Il y a des animaux sans territoire, mais les animaux à territoire, c'est prodigieux. Parce que constituer un territoire, pour moi, c'est presque la naissance de l'art. Quand on voit comment un animal marque son territoire, tout le monde invoque toujours les histoires de glandes anales, d'urines, lesquelles il marque les frontières de son territoire. Mais ça dépasse beaucoup ça. Ce qui intervient dans le marquage à territoire, c'est aussi une série de postures. Par exemple, se baisser, se lever. Une série de couleurs. les drilles par exemple les couleurs des fesses des drilles qu'ils manifestent à la frontière du territoire couleurs, champs, postures c'est les trois déterminations de l'art je veux dire la couleur, les lignes les postures animales sont parfois de véritables lignes couleurs, lignes, champs c'est l'art à l'état pur Alors, moi, je me dis, quand ils sortent de leur territoire ou quand ils reviennent dans leur territoire, leur comportement... Le territoire, c'est le domaine de l'avoir. Alors, c'est très curieux que ce soit dans l'avoir, c'est-à-dire mes propriétés, là, mes propriétés à la manière de Beckett ou à la manière de Michaud, quoi. Le territoire, c'est les propriétés de l'animal. Et sortir du territoire, moi, c'est s'aventurer. Il y a des bêtes qui reconnaissent leur conjoint. Ils le reconnaissent dans le territoire, mais ils ne le reconnaissent pas hors du territoire. Tout ça, c'est des merveilles.
Je ne sais plus quel oiseau. Je ne sais plus. Il faut me croire. Et puis, alors, avec Félix, là, je sors du coup de l'animal. Je pose tout de suite un problème philosophique, parce qu'on mélange un peu de tout dans l'ambécédaire. Je me dis, on reproche parfois aux philosophes de créer des mots barbares. Mais moi, mets-toi à ma place. Pour des raisons données, je tiens à réfléchir à cette notion de territoire. Et je me dis, le territoire me vaut par rapport à un mouvement par lequel on en sort. Il faut donc réunir ça. J'ai besoin d'un mot en apparence barbare. Dès lors, avec Félix, on a construit un concept que j'aime beaucoup, qui est celui de déterritorialisation. On nous dit là-dessus, c'est un mot dur à dire. Et puis, qu'est-ce que ça veut dire ? Quel besoin, ça ? Là, c'est un très beau cas où un concept philosophique ne peut être désigné que par un mot qui n'existe pas encore. Même si l'on découvre ensuite que dans d'autres langues, Par exemple, ensuite, je me suis aperçu que dans Melville revenait tout le temps le mot « outlandish ». Et « outlandish », enfin je prononce mal, tu corriges le toi-même, « outlandish », c'est exactement le déterritorialisé. C'est un mot à mot. Alors, je me dis que pour la Pour la philosophie, avant de revenir aux animaux, pour la philosophie c'est très frappant. C'est très frappant. On a parfois besoin d'inventer un mot comme barbare pour rendre compte d'une notion à prétention nouvelle. La notion à prétention nouvelle, c'est qu'il n'y a pas de territoire. Sans un vecteur de sortie du territoire, il n'y a pas de sortie du territoire, c'est-à-dire de déterritorialisation, sans en même temps un effort pour se re-territorialiser ailleurs, sur autre chose. Tout ça, ça joue chez les animaux. C'est ça qui me fascine. Ce qui me fascine en gros, c'est tout le domaine des signes. Les animaux émettent des signes. Ils cessent pas d'émettre des signes. Ils produisent des signes, c'est-à-dire au double sens, ils réagissent à des signes. Par exemple, une araignée, tout ce qui touche sa toile, elle réagit pas à n'importe quoi. et ils laissent des signes, ils produisent des signes. Par exemple, les fameux signes, est-ce que c'est un signe de loup ça ? Est-ce que c'est un loup ? Est-ce que c'est autre chose ? J'admire énormément les gens qui savent reconnaître, par exemple les chasseurs, les vrais chasseurs, pas les chasseurs de sociétés de chasse, mais les vrais chasseurs qui savent reconnaître l'animal qui est passé par là. À ce moment-là, ils sont animaux. À ce moment-là, ils ont avec l'animal un rapport animal. C'est ça avoir un rapport animal avec l'animal. C'est formidable.
Claire ParnetMais c'est cette émission de signes, cette réception des signes, qui rapproche de l'écriture et de l'écrivain, l'animal ?
Si je me demandais ce qu'est un animal, je répondrais que c'est l'être aux aguets. C'est un être fondamentalement aux aguets.
Claire ParnetComme l'écrivain ?
L'écrivain, l'écrivain, oui, il est aux aguets. Le philosophe, il est aux aguets. Pour moi, l'animal, tu vois les oreilles d'un animal, il fait rien sans être aux aguets. On l'a jamais tranquille, un animal. Il mange, il doit surveiller ce qui lui arrive dans le dos, ce qui lui arrive à côté, etc. C'est terrible, cette existence osaguée. Alors tu fais le rapprochement avec l'écrivain, quel rapport il y a entre l'animal et l'écrivain.
Claire ParnetC'est vrai.
Je suis... Il faudrait presque dire, à la limite, un écrivain... Bien sûr, il écrit pour des lecteurs, un écrivain. Mais qu'est-ce que ça veut dire, pour ? Ça veut dire à l'intention d'un. Un écrivain, il écrit à l'intention du lecteur. En ce sens, il écrit pour des lecteurs. Mais il faut dire aussi que l'écrivain écrit pour des non-lecteurs, c'est-à-dire pas à l'intention d'un, mais à la place d'un. Pour, ça veut dire deux choses, ça veut dire à l'intention et puis ça veut dire à la place. Alors, Arthaud a écrit des pages que tout le monde connaît. J'écris pour les analfabètes, j'écris pour les idiots. Foucler écrit pour les idiots. Ça ne veut pas dire pour que les idiots le lisent, ça veut pas dire pour que les analphabètes le lisent, ça veut dire à la place des analphabètes. Je peux dire j'écris à la place des sauvages, j'écris à la place des bêtes. Et qu'est-ce que ça veut dire ça ? Pourquoi on ose dire une chose comme ça ? J'écris à la place des analphabètes, des idiots, des bêtes. Et bien parce que c'est ça que l'on fait quand on écrit. Quand on écrit, on mène pas une petite affaire privée. C'est vraiment les connards, c'est vraiment l'abomination de la médiocrité littéraire de tout temps, mais particulièrement actuellement, qui fait croire aux gens que pour faire un roman par exemple, il suffit d'avoir une petite affaire privée, sa petite affaire à soi. sa grand-mère qui est morte d'un cancer, ou bien son histoire d'amour à soi, et puis voilà, on fait un roman. Mais c'est une honte, c'est une honte, penser des choses comme ça. C'est pas l'affaire privée de quelqu'un, écrire, c'est vraiment se lancer dans une affaire universelle. Que soit le roman ou la philosophie. Alors qu'est-ce que ça veut dire, ça ? Schildeleus, troisième bobine. Peut-être une seconde, s'il vous plaît.
Claire ParnetAlors cet écrire pour, c'est-à-dire à l'intention et à la place de, c'est un peu ce que tu disais dans « Mille Plateaux » à propos de Chandos et Hoffmannsthal, dans la très belle phrase qui était « L'écrivain est un sorcier parce qu'il vit l'animal comme la seule population devant laquelle il est responsable. »
C'est ça, c'est absolument ça. Et pour une raison simple, je crois que c'est tout simple, c'est pas du tout des déclarations littéraires, celles que tu viens de lire de Hoffmannsthal. C'est autre chose. Écrire, c'est forcément pousser le langage, et pousser la syntaxe, parce que le langage, c'est la syntaxe, c'est pousser la syntaxe jusqu'à une certaine limite. Limite qui quoi ? Que l'on peut exprimer de plusieurs manières. C'est aussi bien la limite qui sépare le langage du silence que la limite qui sépare le langage de la musique, que la limite qui sépare le langage de quelque chose qui serait quoi. Mettons, si je dis le piolement, le piolement douloureux.
Claire ParnetMais pas la boie-mant, surtout.
On voit tout de suite, ah non, pas la boie-mant. Et encore, qui sait, il pourrait y avoir un écrivain qui y arrive. Le piolement douloureux, tout le monde se dit, Et je dis, bon, ben oui, Kafka. Kafka, c'est la métamorphose. Le gérant qui s'écrit. Vous avez entendu, on dirait un animal. Purement douloureux de Grégoire. Ou bien le peuple des souris, on écrit pour le peuple des souris. Je l'ai fini. Pour le peuple des rats qui meurent, en effet. Parce que contrairement à ce qu'on dit, c'est pas les hommes qui savent mourir ou qui meurent. C'est les bêtes. Et les hommes, quand ils meurent, ils meurent comme des bêtes. Là, alors, on revient au chat, et avec beaucoup de respect, j'ai eu, parmi les nombreux chats qui se sont succédés ici, il y a un petit chat qui est mort assez vite. C'est-à-dire, j'ai vu, ce que beaucoup de gens ont vu aussi, comment une bête cherche un coin pour mourir. S'il y a un territoire pour la mort aussi, il y a une recherche du territoire de la mort, du territoire où l'on peut mourir. Et ce petit chat qui essayait de s'enfoncer dans une enconnure, dans un angle, etc., comme si c'était l'endroit bon pour mourir pour lui. Oui, en ce sens, si l'écrivain, c'est bien celui qui pousse le langage jusqu'à une limite, limite qui sépare le langage de l'animalité, qui sépare le langage du cri, qui sépare le langage du chant, à ce moment-là, il faut dire, oui, l'écrivain, il est responsable devant les animaux qui meurent, il est responsable devant les animaux qui meurent, c'est-à-dire répondre des animaux qui meurent, écrire à la lettre, pas pour eux, comme une fois je ne vais pas écrire pour mon chat, pour mon chien, mais écrire à la place des animaux qui meurent, etc. C'est porter le langage à cette limite. Et il n'y a pas de littérature qui ne porte pas le langage, et là ça attaque, à cette limite qui sépare l'homme de l'animal. Il faut être sur cette limite même. Moi, je crois pas. Même quand on fait de la philosophie, c'est ça. On est sur la limite qui sépare la pensée de la non-pensée. Faut être toujours à la limite qui vous sépare de l'animalité, mais justement de telle manière qu'on n'en soit plus séparés. Il y a une inhumanité propre au corps humain et à l'esprit humain. Il y a des rapports animaux avec l'animal. Et bien si on avait fini pour A, ce serait bien.
Transcription automatique, relue en partie.